SALICE, petit village dans la vallée du Cruzzini en Corse du sud.

                               
                              

Origine du nom "Salice"

 

Salge et Salice désignent, (avec la même racine, sans jeu de mots) la même plante   arborescente le saule, que l’on trouve sous l’appellation de "Salgu" dans notre région. Ainsi, l’on peut penser que le nom de notre village U Salice, vient de cet arbre, le saule.

Dans leur dictionnaire Français-Corse, I Culioli écrivent :

- saule : Sàlice, Saliciu, Sàlice pienghjente saule pleureur.

Un lieu plus riche en saules c’est Salicettu que I culioli traduisent par saulaie.

La déformation verbale donne : A salga dans le Nebbiu, U salicciu dans le Taravu, U Salice dans  le Niolu, u Boziu, Antisanti, U salciu à Evisa, U salge à Rennu, A tramatrice à Moltifao. Dans cette  dernière appellation la racine du nom donné à la plante, rappelle celle de son application tramage, pour la fabrication de paniers et autres couffins.

Dans la famille des salicacées figurent les osiers et les marceaux (cf. Larousse), que l’on traduit en langue corse par vetricia, plante poussant en touffes dans les "bracciali" de nos fleuves, sur les berges ou directement dans l’eau.

Pour les états paroissiaux et municipaux, la langue toscane est employée jusque vers la moitié du XIXe siècle pour laisser la place à la langue française. Depuis le début de l’ère chrétienne la Corse fut successivement romaine, lombarde, byzantine, pisane, génoise puis française. Il est fort possible que les noms de nos lieux, qui viennent donc de la péninsule italienne, aient évolué au cours des "révolutions culturelles". Par exemple, en représailles à la révolte de Ghjuvan’ Paulu di Leca en 1489, les génois "déshabitent" des lieux du Cruzinu : Vignamagiore, Lo Quarcio, Vittijo, La Pianella, Gotticiani, Bocca le Forte… Nous constatons l’évolution de noms que nous connaissons comme Vignamaiò, U Quarciu, Cotticiani, Bocca le Corte…

Alors, puisque le village s’accroche à une forte pente, le nom Salice ne se rapproche-t-il pas du mot italien Salita, qui désigne montée ? Mais il faut répondre à cette hypothèse avec la plus grande prudence.

       Nos ancêtres ont créé des noms poétiques de lieu comme Castellu di Cudazza, U Duaghju, U Mammuciu, A Funtana a e Fate, I Monti di l’Ape… je les crois capable aussi d’avoir donné au village le nom d’un bel arbre, (voir la beauté du saule pleureur) le saule, montrant ainsi qu’ils étaient poètes et normalement écologistes.

 

           Le nom Cruzinu s'écrit avec un seul z en corse. Il convient de l'écrire avec deux zz si l'on veut le traduire en français par Cruzzini. L'origine de ce nom, dans lequel le radical est croix, pourrait provenir du croisement de grands chemins de circulation et de transhumance entre, d'une part la Cinarca et la vallée de Vivario et d'autre part entre les "Sorru" (dont fait partie Guagnu, paroisse qui gérait celle du " fiuminale di u Cruzinu", Santu Niculai d’Azzana et Rezza ) et la vallée de la Gravona.
Cette déduction serait confirmée par l'orthographe Crucini relevé dans un document officiel d'imposition pour Salice, datant de 1776. (Archives départementales) De la racine cruci on déduit cruciamentu, croisement. Alors, l'orthographe Cruzinu ne serait que la déformation de Crucini ou Crucinu.

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