L'ÉGLISE ET LES PRETRES.

Texte rédigé par François Casanova en 1993

            

Sans être très précis, je crois que l'église de Salice, dédiée à sainte Marie, a été construite au début du 19ème siècle.

            Jusque-là, le village était desservi par la petite église de Saint-Eustache, aujourd'hui disparue, qui avait été elle-même édifiée autour du 15ème siècle, lorsque l'église de Saint-Jean fut, d'après la tradition, incendiée par les maures et que les habitants furent obligés de se réfugier dans la montagne.

            Le curé de Salice portait le titre de "Pievanu", car il avait la responsabilité de la "pievanie" du Cruzzini qui était constituée par toutes les paroisses du canton.

            Le premier que j'ai connu, on l'appelait le curé CERATI. Il était de Guagno. Je me souviens très peu de lui car j'étais un enfant. Une vieille femme de sa famille, appelée Thérèse, s'occupait de son ménage.

 

 

Le curé Pastinelli et l’amélioration du clocher de l’église

           

Son successeur, car il était très âgé, fut le curé PASTINELLI, originaire d'Orto. D'âge moyen, c'était un homme admirable. En même temps que son service à l'église, il s'occupait d'un atelier d'ébénisterie qu'il avait installé au sous-sol du presbytère. De plus il était infirmier et nombreux furent ceux qui firent appel à lui, car à cette époque la tuberculose et les épidémies (rougeole, etc...) faisaient des ravages et il n'y avait pas de médecin dans la région.

            Dès son arrivée, il fit le recensement des garçons susceptibles d'être enfants de chœur. Il en trouva douze et j'en fis partie. Le dimanche, nous étions tous autour de lui à l'autel et chacun à tour de rôle était tenu en semaine d'aller à 7 heures du matin servir la messe avant d'aller à l'école.

            Il avait avec lui pour entretenir sa maison une nièce appelée ANNETTE. C'était une belle fille qui attirait le regard de tous les jeunes; mais personne n'osait l'approcher malgré sa gentillesse.

            C'est le curé Pastinelli qui, constatant, dès son arrivée, que le clocher avec ses deux petites cloches n'était pas aux dimensions de l'église, entreprit de le faire agrandir et d'y ajouter une troisième cloche.

            C’est sur la place de l'église que des spécialistes venus d'Italie firent fondre les deux vieilles cloches, y ajoutèrent le métal nécessaire, confectionnèrent les moules, coulèrent dessus le métal en fusion et une fois le tout refroidi en retirèrent trois cloches de différentes grandeurs, sur lesquelles avaient été gravés, à la demande du curé, des noms de saints et d'autres inscriptions religieuses.

            Une de ces cloches, ayant été fêlée, fut remplacée, il y a une dizaine, d'années grâce au concours financier des fidèles.

            Pour compléter le tout, le curé Pastinelli fit surmonter le clocher par une horloge à cadrans qui, aujourd'hui encore attire l'attention des passants, même si en raison de l'usure et de la vétusté de son mécanisme, elle s'est arrêtée de marcher. (le nécessaire est en train d'être fait pour la remplacer à l'aide d'une collecte faite par le curé).

            Au bout de quelques années, le curé Pastinelli se retira dans son village au grand regret des Saliciens.

 

 

Le Curé Filipi et la réalisation de 3 peintures par le peintre Choupik

  

C'est le curé FILIPPI, originaire de Rosazia, qu'on prénommait   "le doyen", qui lui succéda, venant de Lopigna. Homme de belle prestance, bon vivant et très sympathique, il entreprit dès son arrivée de faire repeindre tout l'intérieur de l'église; c'était en 1929. Pour cela il fit appel à un peintre d'origine russe dont le nom "Choupik", figure encore au-dessus de la porte sud de l'église. Non seulement ce peintre excellait dans sa profession, mais les tableaux peints au plafond de l'église, inspirés de chefs-d’œuvre de grands peintres d'autrefois, permettent encore, plus de 60 ans après, d'admirer "LES QUATRE EVANGELISTES", "l'ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE" d’après  MURILLO et "LA DESCENTE DE CROIX" d’après  RUBENS.

             L'âge de la retraite étant venu pour lui aussi, le « doyen » Filippi se retira à Rosazia, son village natal.

             Ses successeurs, le père ESTEVE,, le doyen ANTONIOTTI, le père CANIBAROLI et le vieux curé BALDET qui allait toujours à pied aux villages voisins malgré son grand âge, ne s'attardèrent pas à Salice où ils ne purent rien entreprendre en raison de la guerre 1939-1945.

                        

L’abbé Susset ,  l’aménagement de l’église et le pèlerinage de la Transfiguration

 

            Enfin en 1962 arriva l'abbé SUSSET, originaire des Ardennes, qui passa vingt ans à Salice et mourut d'une crise cardiaque en gare de Lyon au mois d'octobre 1982, alors qu'il partait en congé. C'était un homme effacé et timide qui avait à sa charge toutes les églises du canton.

            L'église de Salice étant meublée de vieux bancs et de chaises branlantes, il les remplaça par ceux qu'on peut voir aujourd'hui.

            Il fit ensuite installer trois lustres magnifiques et placer le chauffage sans qu'on sache d'où venaient les fonds. C'était, disait-il, des dons reçus de fidèles, parfois étrangers à la paroisse. C'est lui aussi qui fit refondre la grande cloche et fit électrifier l'ensemble de la sonnerie.

            Enfin c'est encore grâce à lui que fut créé un comité qui fit refaire entièrement le toit de l'église.

            Par ailleurs toutes les églises du canton dont il était responsable furent plus ou moins modernisées.            Enfin pendant tout son séjour à Salice, il a, chaque année, le 6 août, célébré la messe de la Transfiguration au pied de la croix érigée sur la montagne au dessus de Salice où un autel en pierres de taille a été construit grâce à lui. Il repose en haut et à gauche du cimetière communal de Salice dans un tombeau offert par les fidèles.

 

            L'abbé Susset disparu, c'est l'abbé MINICONI, curé de Mezzavia qui eut la charge de l'église, du moins en ce qui concerne certaines célébrations indispensables ( décès, etc...), jusqu'au moment où l'abbé François Camatta arriva, ( je crois en 1989) pour desservir les 9 paroisses qui lui ont été confiées. C'est une bien lourde charge pour un homme de 70 ans. Qu'adviendra-t-il après lui, alors que notre église est désertée sauf aux messes d'enterrements?