Cette page est consacrée à l'ancien village de St Jean - San Ghjuvanni

Le 11 Novembre 2005 nous nous sommes rendus (Jean Marc & Jacky) sur le site

de l'ancien village. Grâce à mon oncle Jules qui avait "balisé" le chemin nous avons pu y accéder.

Nous avons fait un peu de débroussaillage. Vous trouverez quelques photos de cette journée.

Nous comptons sur quelques bonnes volontés afin de réhabiliter ce "patrimoine" de notre commune.

Nous comptons y retourner. Écrivez - nous.

Merci d'avance

Antoni Jean-Marc

 

Arrivée par la rivière

La première difficulté est le passage de rivière si l'on arrive par la route du bas Carte pour le passage de rivière et l'accès au chemin Ensuite il faut remonter par un sentier balisé très agréable Notre guide Jean Marc vous montre les balises sur le tronc des arbres

Arrivée par le village

Le panneau près de la fontaine indique le départ derrière l'église Après une descente ombragée, d'environ 45 mn, le passage par une brèche dans le mur de pierres vous mène tout droit au site en suivant les petits tas de pierres.


 


 

Ce plan a été publié dans les cahiers CORSICA par la Fédération d'Associations et Groupements pour les Études Corses (F.A.G.E.C.)


 

 

Expédition du 11 novembre 2005

Vue générale depuis le coeur Claveau d'un des 2 petits arcs coté sud Vue générale depuis la maisonnette Colonne centrale et piscine baptismale Cupule de granit rose (piscine baptismale)
Dalle pouvant être celle qui recouvrait l'autel Vue générale en arrivant par le chemin du village Clôture de choeur et emmarchement aménagé au XIe s. Colonne de choeur Colonne centrale et piscine baptismale
   
  Des blocs monolithes provenant de la nef ont été réutilisés dans la porte de la maisonnette Au centre, escalier d'ambon constitué de 3 petites marches Gros bloc monolithe ayant servi de pupitre d'ambon  
   
  Une pause réflexion sur la méthode de démaquisage Jacky aux prises avec une racine récalcitrante Jean Marc en lutte avec un roncier  


 

Expédition du 02 avril 2006


Laétitia en action de nettoyage de la colonne des nuées 

 


Une équipe de choc à l’assaut du temps

                                                                                                  Dimanche 2 avril 2006

Après une marche dynamique de ¾ d’heure à partir de l’église de Salice, dans un beau sentier muletier,  apparaissent les vestiges  de l’église de Saint-Jean, adossés à une cabane en pierre délabrée.
Là, enserrant colonnes et pierres taillées disposées selon un ordre qui  échappe aux archéologues novices que nous sommes, se révèle le règne végétal  à la fois dans  sa grandeur et dans sa petitesse: non loin d’un  chêne indéracinable qui écrase de toute sa majesté nos frêles silhouettes d’humains, trois minuscules fleurs de cyclamen inclinent leurs pétales rosés,  si fragiles qu’un seul pas maladroit ou indifférent leur ferait rendre l’âme. 

A l’abri des multiples moyens de communication modernes, seule au monde,  l’équipe fourbit ses armes, d’égale à égale avec la nature, machette, coupe-coupe, faucille, sécateur, scie,  des outils qui ne rompront pas le bienfaisant silence délicatement ponctué de quelques trilles d’oiseaux, et du bruissement des feuilles sous la brise. Les ronces, déjà mises à mal lors d’une précédente expédition, devront s’apprêter, cette fois-ci, à perdre une bataille (sinon la guerre, car les ronces ne se rendent jamais !)
Un muret de pierre, qui se croyait enseveli pour l’éternité, ressuscite  à la lumière du jour, encore gaillard malgré le poids des ans.
Un olivier centenaire au bord de l’asphyxie est délivré par un assaut vigoureux de Jacky et de Boris. Les cadavres végétaux qui jonchent le sol, sont écartés sans pitié du champ de bataille.
Quant à Jean-Marc, il attaque avec fougue une forteresse quasiment inexpugnable. Les lianes, astucieuses,  s’agrippent sauvagement,  telles des pieuvres géantes,  à son impeccable tee-shirt bleu roi. Mais sa ténacité et sa résistance ont raison des perfides.
Pendant ce temps, les mousses qui rongeaient avec une douceur inexorable les colonnes de l’édifice sacré sont détachées par une main féminine. Et voici qu’apparaît une étrange inscription  FAGEC  19XX.  Nom de l’équipe qui a reconstitué la colonne ? 1920 ? ou 1988 ? Les hypothèses fusent, dans l’indécision générale. L’énigme sera bientôt résolue : la FAGEC* est bien l’organisme qui a travaillé à la reconstitution de certains éléments de l’église en 1988.
L’étrange rocher massif en forme de bassin ou de fauteuil, suivant l’usage qu’on veut en faire, retrouve, lui aussi, sa dure et austère pureté originelle, sous les jeux d’ombre et de lumière du jour finissant.
La journée se termine pour les combattants avec la satisfaction du devoir accompli.
Dans ce lieu où des humains ont bâti, vécu, aimé, tremblé, prié, il y a plus de 500 ans, (mais où donc est le cimetière ?) d’autres humains, par cette belle journée de printemps de l’année 2006, sont venus, en signe de respect, leur dire qu’ils n’ont pas oublié.                                                                        

                                                                                                       Laetitia Casanova

*La F.A.G.E.C. ( Fédération d'Associations et Groupements pour les Études Corses )
est une fédération d’associations culturelles corses qui participe à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine insulaire. Elle a été fondée le 5 décembre 1970 à Corte.


Les protagonistes de gauche à droite,
Jacky, Laetitia, Boris et Jean Marc

Aperçu de l'état des lieux avant la campagne de démaquisage
 du 02 avril 2006


 

Découverte de la signature des restaurateurs

La colonne après démoussage

Aperçu de l'état des lieux après la campagne de démaquisage
 du 02 avril 2006

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Datation :  IXe & XIe siècle.


 

Vasque gravée de quatre masques humains, probablement réutilisée en fond baptismaux, actuellement placée dans le mur de soutènement de la route, non loin de l'église du village.
C'est peut être dans l'église Sant'Eustachio que ses fonds baptismaux se trouvaient au moment ou celle-ci a servi de paroisse après l'abandon, au XVIe s., de la piévanie médiévale.
Il se pourrai aussi que l'on se soit souvenu que l'objet avait d'abord décoré San Giovanni; ce qui expliquerait la tradition orale selon laquelle cette vasque "remonte" de San Giovanni.

Ce texte est extrait des "CAHIERS CORSICA" 131 de 1989


 


Le petit mot d'un internaute attentif :

    Les résultats des recherches effectuées par Gérald Antoni aux Archives départementales, font penser que l'agglomération n'était pas importante. A cette époque, et même jusqu'au XIXème siècle, les habitations étaient dispersées là où s'exerçait la vie agricole et pastorale. Témoin, la chapelle isolée, Santu Niculau entre Rezza et Azzana, abandonnée vers le milieu du XIXe siècle, qui fut le lieu de culte pour l'ensemble des lieux que l'on nommait, "u Fiuminale". Les visites pastorales relevées par Gérald, montrent bien la dispersion de l'habitat, à l'époque où nos ancêtres vivaient en autarcie.

    Dans mon premier livre, j'avais imaginé la vie dans le village de Saint Jean, avec le récit "Les Marabout". Mais ce n'était que de l'imagination à caractère romanesque.
 
Des résultats de recherches, effectuées par Gérald aux Archives départementales, peuvent être lus à l'adresse:
http://littfrancorse.free.fr/Salic1.htm  à la rubrique "histoire et patrimoine".

Pierre Antoni.